vendredi 18 janvier 2013

Le courrier de l'Atlas : Karima Souid sur le depart?


Karima Souid, emblématique d’un bureau politique qui implose
Contactée par le Courrier de l’Atlas jeudi, Karima Souid ne se faisait déjà « aucune illusion » quant à l’issue de la réunion. Elle nous apprend au passage avoir discrètement démissionné de l’Instance politique du parti dès le 5 janvier 2013 « sans trop communiquer » autour de sa décision. Une démission dont elle nous explique ici les principaux motifs.    
Jusqu’au bout, l’élue avait respecté les choix les plus contestés de Mustapha Ben Jaâfar qui défendait l’alliance gouvernementale contre vents et marées. Mais c’est un véritable cri de détresse qu’elle lance hier jeudi via les réseaux sociaux : « Je vis un véritable cauchemar #constitution #Tunisie #Ettakatol #MustaphaBenJaafar ! Une décision s’impose », écrit-elle sur Twitter.  
Son départ est symptomatique d’un bureau politique en pleine décomposition. Si dans toutes les coalitions gouvernementales, les petits partis finissent généralement par être dominés par les partis majoritaires, ce scénario prend visiblement dans le cas de la troïka tunisienne des proportions insoutenables.
De surcroît, Karima Souid nous révèle qu’au sein de son parti, « depuis des mois les décisions sont prises par le même petit nombre de personnes qui restent sourdes aux protestations des autres ». « J’estime que le peu d’égards qui est accordé à la parole des élus, dont je fais partie, est inacceptable », ajoute-t-elle.
Fait nouveau, comme il l’avait fait pour le CPR et Moncef Marzouki, menacé d’être démis de ses fonctions, Ennahdha réitère la même menace cette fois à l’encontre de Mustapha Ben Jaâfar. Par la voix de Fethi Ayadi, président du conseil de la Choura, assène sur le mode du rappel à l’ordre qu’« un retrait d’Ettakatol pourrait avoir pour conséquence une renégociation du poste du président de l’ANC ».
Une escalade de plus qui montre que, décidément, entre Ennahdha et ses alliés, rien ne va plus.