mercredi 3 juillet 2013

Face à la servitude de Ben Jaâfar, nous continuerons à faire les parasites


http://www.businessnews.com.tn/Face-%C3%83%C2%A0-la-servitude-de-Ben-Ja%C3%83%C2%A2far,-nous-continuerons-%C3%83%C2%A0-faire-les-parasites,526,39100,4


Mustapha Ben Jaâfar a qualifié, dimanche dernier, ceux qui ont quitté Ettakatol de parasites. Ayant fait partie de l'encadrement de ce parti et l'ayant quitté, je me sens de ce fait visé. 
Je pense qu'il s'agit la de l'une des rares sorties de route dans le vocabulaire de Ben Jaâfar. Cet écart de langage, rare chez lui par le passé, semble toutefois lui plaire puisqu’en 24 heures il a insulté les ex d’Ettakatol puis a qualifié la plénière de l’ANC de maâmaâ (qu’on pourrait traduire de bordel ou marasme) puis s’est adressé à des députés sur des tons hautains!

Dommage que Mustapha Ben Jaâfar ait choisi son conseil national pour s'exprimer de la sorte et tancer ses anciens camarades et fidèles.
Peut-être était il déçu de voir face à lui un parterre de "militants" acquis à sa cause et surtout peu nombreux , lui qui avait l'habitude de voir à son conseil national des femmes et des hommes de valeur, représentant toute la Tunisie et lui apportant souvent des avis contradictoires ?
Ces gens-là qui ont fait la fierté du parti et de la Tunisie post 14-Janvier sont aujourd'hui éparpillés à travers le pays, ne servant des fois aucune cause, car imbibés d'un ADN Takatolien qui n'existe plus. Un parti dans lequel ils ont milité et qu'ils ont quitté quand Ben Jaâfar a décidé que le jeu du pouvoir leur était interdit, car leur implication risquait de mettre en échec son projet personnel.
Dommage que Ben Jaâfar se soit autant rabaissé pour qualifier ceux qui ont fait de son parti le parti qu'il était devenu pour les élections du 23 octobre 2011.

L'homme est déçu de ne pas avoir pu retenir, ou peut-être d'avoir fortement participé au départ de ses cadres , mais il ne peut que s'en vouloir qu'à lui même, lui qui avait fait au début un choix peut-être salvateur d'union nationale, mais un choix qu'il a exercé avec une si grande servitude et un égoïsme dépassant tout entendement le ridiculisant face à une grande partie de Tunisiens.
Ben Jaafâr s'attaque aujourd'hui à ceux qui ont quitté Ettakatol, car il a mis ce parti à la disposition d'un mouvement islamiste qui ne partage pas du tout sa vision de la société lui permettant ainsi de retrouver un semblant de légitimité internationale, puisqu’on met à l’actif d’Ennahdha d’avoir réussi à rassembler islamistes et "modernistes ".

Mais qu'ont apporté ces modernistes à la gouvernance ? Rien ! Absolument rien ! 
Pire. Ils ont été un outil pour renforcer l'hégémonie des islamistes au pouvoir. Ben Jaâfar a mis à leur disposition non seulement son parti, mais également une Assemblée Nationale Constituante qui, par la loi de la "majorité acquise ", s'est transformée en chambre d'enregistrement d’Ennahdha .
D'autorité suprême du pays, grâce à la servitude de Ben Jaâfar, l'ANC s'est transformée en institution décriée par le peuple qui l'a élu
La date du 1er juillet, comme celle du 1er juin, sont à mettre au passif de Ben Jaâfar supposé être le "consensuel" alors qu'en fait ses intérêts personnels semblent l'emporter sur ceux du pays. 
A ces deux dates, il a tenté des passages en force pour donner satisfaction à ceux qui l'ont installé en haut du perchoir, au détriment du consensus, accentuant encore une fois ce sentiment d'injustice et par voie de conséquence, attisant les haines.
Si les propos de Ben Jaâfar sont rarement haineux, ses attitudes et ses partis-pris poussent souvent à rendre l'ambiance encore plus électrique. 
Ben Jaâfar qui pensait devenir l'homme à la meilleure constitution au monde, est en train de devenir l'homme qui a été incapable de sortir une constitution pour les Tunisiens.
L'homme que l'on pensait modéré et consensuel s'est avéré être machiavélique sous ses airs « bonhomiques »

Je ne peux, malgré cela, penser à sa capacité d'être machiavélique, penchant plutôt pour la thèse qu'il est très mal conseillé.
Ben Jaâfar nous a qualifiés de parasites ? Soit. Alors nous continuerons à faire les parasites jusqu'à faire entendre nos voix et réussir le pari du succès de notre révolution, quand bien même faudrait-il passer par une seconde révolution ! 

*Karim Baklouti Barketallah est chef d’entreprise, cadre démissionnaire d’Ettakatol (en janvier 2012) et actuel membre du comité central d’El Joumhouri.