samedi 3 novembre 2012

Quand Ben Jaafar desespere les siens

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Tunisie. Quand Ben Jaâfar désespère les siens

3

novembre

2012

à 07:42
Tunisie. Quand Ben Jaâfar désespère les siens
Ziad Miled, membre du bureau politique, du secrétariat exécutif d'Ettakatol, vient de présenter sa démission au président du parti, Mustapha Ben Jaâfar. Un énième départ qui suscite des interrogations sur l'avenir de ce parti.
Par Karim Baklouti Barketallah*
Depuis février dernier, et aussi avant, les départs d'Ettakatol se sont succédés. Des cadres du parti et de simples militants pour arriver à 10 députés qui s'en vont.
Aujourd'hui, et selon plusieurs organes de presse, c'est au tour de Ziad Miled de faire pareil.
Les valeurs dévoyés
Ziad Miled est ce qu'on peut appeler un «technocrate de l'ombre» au sein d'Ettakatol. C'est lui qui a préparé une multitude de notes pour le parti et pour ses ministres. Celui qui a besoin d'un papier pour se valoriser devant les chefs passait par Ziad, qui a toujours été au service de tout le monde. Sans calculs.
Il a contribué de manière importante à la rédaction du programme du parti et a sillonné le territoire de la république pour le présenter.
Ziad Miled est membre du bureau politique, du secrétariat exécutif du parti et membre de la coordination de la «troïka» (la coalition au pouvoir qu'Ettakatol forme avec le parti islamiste Ennahdha et le Congrès pour la république) où il a fait un travail remarquable notamment pour l'Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie).
Aujourd'hui, et après avoir tout tenté, Ziad Miled, à son tour, claque la porte et annonce à Mustapha Ben Jaâfar qu'il ne peut plus continuer. Une page est tournée. Et le parti perd du coup l'un de ses plus brillants cadres
Quand on sert autant un parti et un homme; quand on s'attache autant à des valeurs que l'on croyait encore défendues par le parti; quand on se bat alors que le monde, autour, vous honnit, le départ est douloureux.
Les valeurs pour lesquels on est entré au parti ont été bafouées par ceux-là même qui les ont érigées.
Aujourd'hui, Ziad Miled, la mort dans l'âme, dévoile le fonds de sa pensée; il dit à son parti ce qui l'a retenu des mois durant mais qu'il n'a pu faire car il avait une mission qu'il ne pouvait laisser tomber. Négocier au mieux avec les partenaires d'Ettakatol le texte de loi créant l'Isie et d'autres sujets importants que personne d'autre que lui à Ettakatol n'aurait pu mener a bon port.
Maintenant, il a eu le courage de faire ce qu'il voulait depuis longtemps : s'exprimer et agir comme son instinct le lui dictait et pas comme il était tenu de le faire en étant un cadre dans un parti.
En harmonie avec le pays
Aujourd'hui, comme moi-même et comme beaucoup d'autres, Ziad est libre et il va jouer le rôle qu'il estimera le plus adéquat pour que la Tunisie demeure ce qu'il est et pour que tous nous puissions vivre en harmonie dans un pays que nous adorons.
Il a eu énormément de courage pour passer la barrière et refermer définitivement la porte derrière lui.
C'est dur, c'est pénible, mais il se devait de le faire, car Ziad est avant tout un homme de principes, un homme d'une très grande honnêteté intellectuelle et, surtout, un homme libre.
Quitter un parti comme Ettakatol, quand on y entre par conviction, n'est jamais simple. On ne se retrouve après nulle part. Et j'en sais quelque chose. Mais ensemble, avec lui et tous ceux qui croient en ces valeurs et en une Tunisie dans laquelle il y a de la place pour tout le monde, quelles que soient nos différences.
Pour nous, chaque Tunisien a droit à son pays et nous y croyons.
* Chef d'entreprise et ancien cadre d'Ettakatol.

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