vendredi 11 mai 2012

Qui sont ils?


Extraits d'une interview faite par 00216mag a Samir Amghar un specialiste de l'Islam contemporain
00216 : Quelle doit-être la stratégie de la société civile pour contrecarrer cette menace de l’extrémisme religieux?

Il faut rééquilibrer les forces politiques et sociales. Il faut cesser d’avoir une lecture religieuse de la société tunisienne, opposant religieux et laïcs. La situation est beaucoup plus complexe que cela. Si opposition il y a, elle serait entre conservateurs et progressistes. Pour l’instant, le rapport de force est en faveur des conservateurs. De plus, les partis politiques de gauche comme de droite doivent avoir un programme politique, économique et social cohérents. N’oublions pas que la révolution tunisienne est plus imputable à des revendications économiques et sociales. C’est là, à mon sens que le sort de la Tunisie se jouera plus que sur un débat identitaire et religieux. Les personnes qui ont voté pour Ennahda attendent ce parti sur les questions économiques et sociales. Et les islamistes risquent de voir leur crédibilité politique disparaître s’ils ne respectent pas leurs promesses électorales en matière économiques.

00216 : Quelle évolution prédisez-vous  pour les partis islamiques en Tunisie ?

Difficile à dire. A l’arrivée au pouvoir des islamistes en Tunisie, je pensais qu’ils se social-démocratiseraient, qu’ils deviendraient des partis de gouvernement. Au vu des événements en Tunisie, je serai plus prudent. Une évolution des islamistes vers la déradicalisation politique implique nécessairement que des rapports de forces les amènent à faire se transformer. Autrement dit, en s’alliant à d’autres organisations politiques non islamistes, ils seront obligés de se transformer. Or, en l’espèce, les partis auxquels ils se sont alliés (CPR et Ettakatol) ne pèsent pas assez lourd car très divisés. Donc ce contexte, Ennahda a comme les mains libres.