mardi 4 août 2015

DESILLUSION

J'ai tendance a vouloir cesser de parler politique, cesser de critiquer et suivre les choses les plus simples de la vie. Alors je me suis dit que je me retrouverai en train de critiquer les tunisiens qui sont boulimiques dans les hôtels, ceux qui se lavent sur la plage ou encore ceux qui utilisent les voitures de l'administration pour transporter du foin ou encore en train de critiquer la déclaration ridicule d'un responsable de la STEG qui affirme que les coupures de courant sont dues au fait que des tunisiens volent du courant électrique
Ma desolation n'est pas de voir le pouvoir d'achat baisser ou la crise economique s'accentuer, ma plus grande désolation c'est de voir combien nous sommes médiocres et que nous nous tirons mutuellement vers le bas
Aller au restaurant est devenu infect, emmener son enfant dans un parc de loisir, est l'opposé de la distraction
Regarder un train express roulant de Tunis a Sousse avec la portière ouverte me déprime, voir les gens ne plus nettoyer devant chez eux m'horripile,...
Je suis devenu casanier et réfléchis beaucoup avant de répondre a une invitation
La révolution est pour moi une désillusion, non pas pour son cote politique ou securitaire, mais parce que je m'attendais a ce que le départ de Ben Ali transformerait l'avenue bourguiba en un vaste champ culturel ou jeunes artistes viendraient y jouer en contre partie d'une pièce que leur donnerait les passants, je m'attendais a ce que nos murs hideux soient transformées en belles oeuvres d'art de la part de ces jeunes pleins de talent
Je pensais que nos préoccupations allaient se tourner vers comment améliorer notre cadre de vie, que nous nous attaquerions au promoteurs immobiliers qui ne respectent pas les cahiers des charges en ne créant pas des espaces verts et des aires de jeux pour les enfants au sein de leurs projets, je pensais que nous allions nous attaquer au confort de nos transports en communs, au civisme et a la valorisation de la notion de citoyen
Je pensais que nos jeunes allaient se mettre a créer des projets et que l'innovation l'emporterait.
Il est indéniable que la révolution nous a apporte la démocratie, que nous tenons des élections libres et transparentes et que nous nous exprimons sur tous les sujets
Mais jamais je n'aurai pense que la révolution nous amènerait a nous juger les uns les autres sur nos tenues vestimentaires et sur le degré de notre croyance en la religion.
Long et fastidieux l'exercice, et pourtant quel choix y-a-t-il que celui de continuer a y croire dans cet environnement de plus en plus médiocre chaque jour encore plus

dimanche 26 juillet 2015

Coup de gueule

Un petit message aux donneurs de leçons et en particulier, Francais 
La Tunisie est l'un des rares pays au monde arabe et musulman a avoir consacré une véritable démocratie 
L'ensemble de ses institutions sont élues démocratiquement et sans la moindre contestation de la part des perdants

Le peuple, malgré certaines différences idéologiques et de mode de vie, arrive à vivre en intelligente entente
Nous subissons le terrorisme et nous le combattons tous
Notre liberté, nous l'avons obtenu au prix du sang et des larmes
Notre constitution, nous l'avons écrite au prix de grandes mobilisations de rue et l'assassinat politique de deux parmi nos plus grands militants.
Alors si nous votons une loi contre le terrorisme, avec une énorme majorité de nos élus et sans aucun refus, si nous y consacrons la peine de mort pour les terroristes, c'est que nous y sommes convaincus.
Alors, donneurs de leçons, apprenez de notre parcours unique et exceptionnel et surtout laissez nous en paix
Nous avons été jusque là, et malgré notre totale inexpérience politique, capables de relever TOUS nos défis
Vos conseils, vous vous imaginez bien ce que nous en faisons
Et Vive la Tunisie, Vive notre seconde RÉPUBLIQUE
تحيا تونس !!

jeudi 16 juillet 2015

Ben Farhat et le Style Attasia

Depuis près de cinq and, nos journalistes se sont relayés pour interviewer nos différents presidents et premiers responsables politiques
Un exercice auquel on n'était pas habitués mais qui petit a petit rentre dans nos meurs et ceux de nos responsables politiques
Si certaines interviews étaient réussies, j'ai trouvé "l'interview-causerie" - style Attasia - de Soufiane Ben Farhat largement au dessus du lot

Il a brossé l'ensemble des sujets, la Libye avec tous les sujets y relatifs, la politique intérieure, l'économie, le mur, la politique étrangère,la loi sur la réconciliation, la sécurité, Nidaa Tounes, les relations avec les islamistes... Sofiane ne s'est pas limité a poser les questions, il tenait absolument a avoir les réponses, connaissant bien son interlocuteur, généralement peu enclin a donner des details
Il a mis a l'aise son invite tout en l'invitant a ne pas fuir. Il 'a fait parlé de sa jebba et de la qualité de son tissu. Il est arrivé a lui faire dire ce qu'il ne veut pas dire, comme le fait que nous avons une police parallèle , que le patron c'était lui et pas Ghanouchi (allusion a la destruction du mur plus tard), que la Tunisie n'hésiterait pas a réagir si elle était menacée par la Libye...
Beji Caid Essebsi a enfin trouve un journaliste qui l'a poussé dans ses derniers retranchements pour parler de tout et ne pas nous laisser, cette fois ci sur notre faim.
Ben Farhat avec un style different, a l'aise, ne faisant pas de calculs personnels, donne une leçon de journalisme a beaucoup d'intervieweurs.
Beji a parle d'humilité, certains journalistes devraient en avoir et décortiquer la manière avec laquelle a travaille Sofiane Ben Farhat pour faire parler son interlocuteur de tout et surtout répondre a tout sans détours

mercredi 15 juillet 2015

Sofiene Ben Farhat excelle, BCE dit tout

Dans une sorte de causerie, en face d'un journaliste qui ne lâche rien, BCE n'a pas esquivé des questions parfois gênantes et s'est voulu réconfortant pour les tunisiens les tenant informés de tout ce qui peut les intéresser 
Il a expliqué que la loi sur la réconciliation ne concernera pas les 114 personnes objet de la saisie de leurs biens, ni les personnes fuyant à l'étranger 

BCE à confirmé l'état de désolation dans lequel il a trouvé le pays après une gouvernance catastrophique de ennahdha
sur l'insistance de Sofiane Ben Farhat, il a avoué l'existence d'une police parallèle - même s 'il ne l'a pas clairement nommée- au sein du ministère de l'intérieur
Concernant la situation sécuritaire, il a expliqué que la LFC , reverra les priorités pour tenir compte des nouvelles priorités en ce sens
Concernant ses relations avec R.Ghanouchi, il fait appel au fait du prince, fonctionner avec la situation telle qu'elle se trouve, pour dire qu'il faut tout d'abord avoir de l'humilité et que sa mission est de sortir le pays de la situation difficile dans laquelle il se trouve
BCE demeure confiant malgré les difficultés et insiste sur le fait qu'il faut un nouveau climat tourné vers l'avenir et sur l'enseignement de qualité. Il veut un état du 21e siècle fier de son passé
La Tunisie qui n'avait plus de Président depuis Bourguiba jusqu'aux années 70, possède aujourd'hui un Président responsable et de grande envergure .
Il veut une Tunisie joyeuse et s'adresse aux gens défavorisés pour leur dire qu'il doivent garder espoir

samedi 4 juillet 2015

La Tunisie est en guerre


Il ne s'agit pas de dire si le discours, qui du reste a aborde tous les sujets, de BCE est bon ou pas autant qu'il s'agit de se rendre compte de la gravite de la situation
Un état d'urgence que le President de la République ne voulait pas dans une première étape au vu de ses conséquences sur le tourisme en particulier et l'économie en général 

Devant la gravite de la situation sur le plan securitaire, devant la quasi inactivité de l'ensemble de nos activités économiques et étant donné aussi que les compagnies d'assurance n'assuraient plus les touristes qui se rendent en Tunisie, il a fallu passer par cet état de fait qui mets toutes nos forces existantes dans le pays sur le qui vive et qui appelle a une solidarité entre toutes les composantes de la nation, composantes qui partagent les mêmes valeurs qui sont le respect de la constitution et de la République tunisienne telle que définie dans cette constitution.
Les premières actions ont commence, fermeture de mosquées, destitutions de certains imams, limogeage du président du Conseil Superieur Islamique... D'autres vont suivre
On ne peut combattre le terrorisme, tout en continuant a etre permissif avec ceux qui ne croient pas en les valeurs de la République tunisienne
Le President de la République l'a dit : Nous sommes en état de guerre!
Que Dieu protège notre pays
Solidaires pour combattre ce fléau qui nous veut beaucoup de mal

samedi 27 juin 2015

Pour faire la guerre, il faut avoir le coeur gros

Et si nous affrontions notre dure réalité :
Le President de la République l'a dit, le chef du gouvernement aussi : Le pays est en guerre contre le terrorisme.
Qui dit guerre, dit des efforts supplémentaires pour recruter, former et équiper les différents corps securitaires et militaires
Il se trouve que depuis 3 ans, nous empruntons pour manger, pour payer les salaires.
Il se trouve que des l'année prochaine, nous allons commencer a rembourser de grosses annuités de nos crédits pris ça et la
Effort de guerre pour un pays lourdement endetté, c'est reporter tous les choix économiques en termes de développement a plus tard. L'urgence étant de rester en vie .
Pas de développement, pas d'investissements publics et privés, c'est encore de la misère, encore des gens laissés pour compte et encore des proies faciles a recruter pour semer la terreur et tuer.
Le tourisme qui rapporte 3,5 milliards ne rapportera pas grand chose cette année
Le phosphate on le sait déjà
La croissance qui devait se situer aux alentours de 1% risque de se transformer en récession pour 2015 et certainement 2016
Hier, lors d'un rebat télévisé ou l'on demandait une paix sociale, Samir Cheffi​ secrétaire adjoint de l'UGTT est intervenu pour dire en gros, faites ce que vous voulez, mais pas nous. Nous avons des revendications et nous continuerons a les porter haut
Si je comprend que les gens ont des revendications légitimes, je saisi mieux le fait que le pays est sur les rotules et que si tous les efforts ne sont pas mis ensemble et orientés dans le même sens, celle de sauver ce qui peut encore l'etre, si nous pouvons encore le sauver. Ce sur quoi j'émet personnellement de grosses réserves.
Qui va investir en ces temps si durs. Celui qui a de l'argent et au vu de la situation va préférer les économiser pour des jours encore plus durs.
Notre pain noir, on commence a le manger et Bardo comme Sousse nous ont montre combien nous étions fébriles
Nos chances de nous relever sont faibles mais elles ne sont pas inexistantes .
L'égoïsme et les calculs court termistes nous mèneront vers le néant .
Les mesures prises par le chef du gouvernement, même si elles sont bonnes, ne sont pas suffisantes et on voit bien qu'il a du tenir compte des équilibres politiques.
Or quand on est en guerre, on ne calcule pas, on cherche juste a abattre l'adversaire et pas tous les moyens.
Les mesures du chef du gouvernement ne sont pas des mesures guerrières, elles sont assez timides et certaines ne seront même pas mises en place car le chef du gouvernement dépend de 4 partis et il est incapable, dans la situation actuelle, de prendre de grosses décisions sans trouver le consensus entre Nidaa et Ennahdha. Il ne peut même pas remplacer un ministre sans l'aval du quartet et les quotas qui ont été alloues a chaque parti du quartet
La verite la voici et la société civile comme le peuple qui ont conduit le processus se doivent de prendre conscience de cela en soutenant fortement le gouvernement pour qu'il ait les coudées franches.
Habib Essid le sait, s'il prend des mesures qui vont a l'encontre des intérêts des partis les plus puissants, il risque une motion de censure
C'est le tort de notre système politique actuel qui en théorie consacre la démocratie mais qui empêche un gouvernement en guerre d'agir librement
La guerre est déclarée, elle est avouée et nous nous devons de l'affronter
Nous ne pourrons pas l'éviter, mais nous pourrons l'écourter si le gouvernement avait les moyens de ses politiques
Préparons nous au plus dur, mais soyons forts et solidaires
Stigmatisons tous ceux qui veulent nuire au pays et a son devenir, au devenir de nos enfants
Désolé d'etre aussi pessimiste, mais c'est mon ressentiment et je voulais le partager avec vous


lundi 4 mai 2015

CE GOUVERNEMENT VA REUSSIR


Je fais partie de ceux qui croient que ce gouvernement Essid va réussir .
La première des priorités est en train de se réaliser doucement mais très surement. Combattre le terrorisme et le banditisme. On sent qu'il y a un travail de méthode qui porte progressivement ses fruits.
Ensuite, ce gouvernement est en train d'acheter la paix sociale. Très important pour mener ensuite les reformes structurelles douloureuses certes, mais indispensables.

Ce gouvernement ne communique pas, mais travaille. le déficit commercial a baissé, les avoirs en devises ont augmenté (127 jours désormais contre 112 a fin 2014) , les investissements étrangers sont en hausse (+45.5% par rapport a la même période de 2014).
La Banque Mondiale serait prête a injecter 4 milliards de $ dans l'économie sur les 5 prochaines années...
Selon moi, ce gouvernement doit continuer sur sa lancée, changer quelques ministres, engager les reformes une fois les bases nécessaires mises en place avec l'UGTT et enfin se libérer de l'UPL qui n'a pas sa raison d'etre selon moi dans cette coalition gouvernementale